Troubles digestifs. La Commission E et l'Organisation mondiale de la Santé reconnaissent l'efficacité des rhizomes du curcuma pour traiter la dyspepsie, c'est-à dire des troubles digestifs comme les maux d'estomac, les nausées, la perte d'appétit ou les sensations de surcharge.
Au cours d'un essai à double insu sur 116 sujets souffrant de dyspepsie, le curcuma a été nettement plus efficace qu'un placebo pour soulager les symptômes des participants. La tradition européenne veut que la dyspepsie soit souvent causée par un dysfonctionnement biliaire. Le curcuma pourrait également agir sur ce plan, selon les résultats d'un essai clinique avec placebo mené auprès de 76 sujets souffrant de coliques biliaires traités avec une préparation de chélidoine et de curcuma.
Ulcères gastroduodénaux. Des études in vitro et sur des animaux indiquent que le curcuma aurait des effets protecteurs sur la muqueuse gastrique, ce qui tend à confirmer cet usage traditionnel. Au cours d'une étude sans placebo, des chercheurs ont observé une régression complète des ulcères d'estomac chez 75 % des 25 sujets après la consommation de 3 g de curcuma par jour durant 12 semaines. Cependant, les résultats d'autres essais (178 sujets en tout) ont été non concluants.
Inflammation. Plusieurs essais préliminaires ont tenté d'évaluer l'efficacité du curcuma (seul ou en combinaison avec d'autres substances) pour soulager l'inflammation, avec des résultats souvent prometteurs. Par exemple, au cours d'un essai comparatif croisé publié en 1980 et portant sur 18 sujets souffrant d'arthrite rhumatoïde, la prise de 1 200 mg de curcumine par jour durant deux semaines a réduit les symptômes des participants (par exemple les raideurs matinales), mais la phénylbutazone (300 mg par jour), un anti-inflammatoire de synthèse, a été plus efficace. En 1986, au cours d'un essai clinique sur 45 sujets, la curcumine (1 200 mg par jour) a été aussi efficace que la phénylbutazone pour soulager les douleurs postopératoires.
Par ailleurs, des chercheurs indiens se sont intéressés aux effets thérapeutiques de la curcumine sur l'inflammation oculaire. Bien que positifs, les résultats de ces études doivent être interprétés avec prudence, à cause d'un haut taux d'abandon (40 %) et de l'absence d'un groupe témoin.
Cancer. Les données d'études épidémiologiques indiquent que la prévalence du cancer du côlon est nettement moins élevée dans les pays asiatiques où l'on consomme beaucoup de curcuma. Des dizaines d'études in vitro et sur des animaux démontrent que la curcumine possède une activité anticancéreuse (côlon, estomac, bouche, peau, sein, prostate, leucémie), bien qu'on n'en connaisse pas encore tous les mécanismes. En inhibant la production de cytokines (molécules à l'origine du processus inflammatoire), la curcumine pourrait possiblement freiner la croissance des tumeurs cancéreuses.
Un essai préliminaire (16 sujets) laisse penser que la consommation de curcuma pourrait être associée à une baisse de production des mutagènes (risque de cancer) chez les fumeurs. Diverses autres études préliminaires (observations cliniques, essais de petite envergure) soutiennent l'hypothèse d'un effet protecteur, voire curatif, du curcuma contre le cancer, notamment le cancer colorectal (à raison de 3,6 g de curcumine par jour).
Le curcuma pourrait également se révéler utile dans le traitement des lésions cutanées cancéreuses et des brûlures causées par la radiothérapie. Un essai a été mené sur 25 sujets souffrant de diverses lésions précancéreuses et cancéreuses. Les résultats sont prometteurs au chapitre du potentiel anticancéreux de la curcumine, mais difficiles à interpréter vus le petit nombre de sujets et l'absence d'un groupe témoin.
Maladie d'Alzheimer. Des observations in vitro et in vivo indiquent que certains composés du curcuma, dont la curcumine, pourraient contrer la maladie d'Alzheimer. Des études cliniques sont présentement en cours.
Source: Passeportsanté.net